Les étangs vernaux (aussi appelés étangs saisonniers, mares printanières, etc.) sont un type de milieux humides particuliers qui abritent une biodiversité tout aussi particulière. Généralement de petite taille (souvent beaucoup moins d’un hectare), les étangs vernaux (EV) ont la particularité de retenir de l’eau stagnante de quelques semaines à quelques mois, au printemps, à la suite de la fonte des neiges, pour ensuite s’assécher complètement pendant le reste de l’année.
Malgré leur petite taille, les étangs vernaux jouent un rôle clé à l’échelle du paysage. Ils offrent des voies de déplacement (migration et colonisation) indispensables pour la faune associée aux milieux humides, particulièrement dans un contexte de changements climatiques. N’étant reliés à aucun cours d’eau permanent, ceux-ci sont exempts de poissons, ce qui constitue un facteur clé à l’établissement de réseaux trophiques uniques. Les étangs vernaux sont donc colonisés par des espèces ne tolérant pas la prédation piscivore et étant parfaitement adaptées pour survivre à des cycles d’inondation et de sécheresse. Au Bas-Saint-Laurent, ces espèces dites indicatrices sont la salamandre maculée (Ambystoma maculatum), la salamandre à points bleus (Ambystoma laterale), la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) et la crevette éphémère (petit crustacé de l’ordre des Anostraca).
Depuis 2018, David Coulombe, enseignant de biologie au Cégep de Rimouski, dirige un projet de recherche visant à répertorier et à documenter les étangs vernaux (EV) du territoire de la FER Macpès, auxquels s’ajoutent plusieurs autres étangs situés dans la municipalité de Saint-Marcellin (collaboration avec l’AGERT du Lac Noir). Depuis le début du projet, près de 90 EV ont été répertoriés sur le territoire de la FER seulement, auxquels s’ajoutent quelques dizaines d’autres étangs sur le territoire de Saint-Marcellin. Les données et les échantillons récoltés lors de ce projet ont permis à plusieurs équipes d’étudiantes et d'étudiants finissants en Sciences de la nature de réaliser des projets d’initiation à la recherche lors de leur épreuve synthèse de programme. Ces projets abordent plusieurs thèmes, dont l’écologie des amphibiens et des invertébrés aquatiques, la génétique, l’impact des activités humaines (coupes forestières et voirie) sur les étangs vernaux et l’utilisation d’outils moléculaires en taxonomie.
Parmi les très bons coups du projet, soulignons la conception d'un outil de priorisation pour la conservation des étangs vernaux. Cet outil permet notamment aux gestionnaires de la FER Macpès de moduler les travaux forestiers en fonction de leur valeur écologique pour ainsi en assurer la conservation.
Ce projet est rendu possible grâce à la collaboration de plusieurs partenaires, dont France Dufresne et Christian Nozais de l’UQAR, l’AGERT du Lac Noir, de plusieurs bénévoles, en plus de compter sur la contribution financière du gouvernement du Canada (Services Canada) pour l’embauche de stagiaires en Technologie forestière.