Voyage au cœur du territoire Nitassinan Innu
19 mai 2026
Neuf étudiant(e)s finissant(e)s du programme Sciences, lettres et arts, accompagnés de leurs enseignants, ont vécu une expérience hors du commun au début de ce trimestre d’hiver : un voyage d’initiation à la recherche sur le territoire Nitassinan innu.
Ce séjour pédagogique les a menés au site traditionnel Kanapeut (réservoir Pipmuacan), dans la communauté de Pessamit, ainsi qu’à la station de recherche Uapishka (réservoir Manicouagan), au cœur de paysages saisissants.
Au-delà de la mise en pratique de méthodes et de protocoles de recherche développés au fil de leur parcours, cette immersion a offert aux étudiant(e)s une occasion précieuse d’aller à la rencontre de la nation innue et de contribuer, à leur échelle, au rapprochement des peuples.
Une expérience pédagogique fondée sur la rencontre
Porté par les enseignants Sola Robillard, Gabriel Dubé, Jean-Philippe Roy et David Coulombe, ce projet inédit est né d’une idée simple… mais audacieuse.
Alors qu’un voyage à Ibiza était initialement envisagé, une discussion sur les enjeux actuels a orienté le groupe vers une autre forme de dépaysement : partir à la rencontre des communautés autochtones, ici même, au Québec. Une proposition qui a rapidement suscité l’enthousiasme.
Un projet profondément humain
La concrétisation d’un tel projet a demandé près d’une année de préparation : levées de fonds, formation des équipes, élaboration de projets de recherche et création de liens avec des partenaires de la Côte-Nord.
Chaque équipe devait adapter son projet aux réalités du territoire et aux possibilités sur le terrain, ce qui a impliqué la recherche de collaborateur(trice)s, la mise sur pied de protocoles spécifiques et une grande capacité d’adaptation.
Mais au-delà des défis logistiques et scientifiques, c’est surtout la qualité des relations humaines qui a marqué l’expérience.
Au camp Kanapeut, les étudiant(e)s ont été accueillis avec générosité et ont pu découvrir la culture innue dans toute sa richesse : rapport à la nature, spiritualité, traditions et langue. À Pessamit, les rencontres avec les membres de la communauté ont nécessité sensibilité, préparation et ouverture, des qualités nourries par les cours d’éthique et les ateliers culturels suivis en amont.
Des défis sur le terrain
Le séjour à la station Uapishka a aussi réservé son lot d’épreuves. Sur la banquise du réservoir Manicouagan, une équipe a passé plusieurs jours dans des conditions climatiques extrêmes, sans parvenir à capturer de poissons. Une autre a parcouru la forêt à la recherche de points d’eau pour prélever de l’ADN environnemental, faisant preuve d’ingéniosité face aux obstacles.
Le voyage s’est conclu par une randonnée exigeante jusqu’au sommet du mont Harfang. Dans des conditions rigoureuses, les participant(e)s ont partagé un moment de dépassement collectif inoubliable.
Un dépaysement
Ce projet a permis de prendre conscience de la richesse et de la complexité du territoire québécois et de mieux comprendre l’histoire et la réalité des Premiers Peuples. Un voyage à la rencontre d’une nation autochtone, c’est établir des liens. C’est ouvrir une perspective sur les limites modernes du pays que nous habitons, tracées au mépris d’autres peuples, premiers, envers qui nous avons un devoir de réparation, de dialogue et de reconnaissance.
Une étincelle pédagogique
Sortir du cadre habituel a permis de créer un espace d’apprentissage centré sur l’humain, où la curiosité, l’engagement et l’émotion ont occupé une place essentielle. En laissant émerger les projets des étudiant(e)s eux-mêmes, l’équipe enseignante a contribué à soutenir leur motivation et à développer des savoir-être essentiels à leur parcours académique et citoyen.
Dans un contexte académique, c’est souvent la rationalité qui l’emporte. Pourtant, l’aspect affectif est aussi important parce qu’il est à la base de la motivation à apprendre, à connaître, à entrer en relation avec le monde et sa complexité.
Un constat appris chez les Innus : il faut d’abord nourrir le cœur; c’est lui qui nous engage dans l’action.
Des moments gravés à jamais
Entre une randonnée en raquettes sous des vents de 80 km/h à -40 °C et une rencontre marquante avec le conteur innu Wilfrid Apik Hervieux, les souvenirs sont nombreux. Ces moments ont permis de redéfinir le rôle de l’enseignant(e) comme passeur de savoirs, mais aussi comme facilitateur de rencontres significatives.
Un projet rendu possible grâce au soutien de:
Sola Robillard, Gabriel Dubé, Jean-Philippe Roy et David Coulombe, enseignants impliqués et généreux de leurs témoignages
Le Comité de rapprochement avec les peuples autochtones du Cégep de Rimouski
La Fondation du Cégep de Rimouski
M. Daniel Bénéteau
Une invitation à poursuivre la découverte
Les finissant(e)s du profil Sciences, lettres et arts présenteront prochainement les résultats de leurs recherches, dans le cadre de leur épreuve synthèse.
Le samedi 22 mai, dès 16 h 30
Au Grand Salon (local C-186), Cégep de Rimouski
Au programme :
- Conte innu raconté par Wilfrid Apik Hervieux
- Présentations des projets
- Vernissage des œuvres