En héraldique, une devise est souvent représentée dans des armoiries, la plupart du temps sur une bannière située au bas de celles-ci. L’abbé Dionne pensait à une devise pour le Cégep depuis longtemps. Il traduit Poetica mentis harmonia par « Art et sagesse animent l’harmonie », c’est-à-dire « faire œuvre d’art et rechercher la vérité se réalisent dans l’harmonie de l’esprit ».
Le mot latin poetica dérive du verbe grec poiein qui signifie faire, pris dans toute son ampleur : causer, produire, fabriquer, transformer, innover. Il s’emploie pour toute activité ordinaire : la plante produit son fruit, la mère engendre son enfant et le nourrit, l’ouvrier construit sa maison, c’est toujours poiein. L’action de faire prend aussi un sens qualifié : œuvrer avec soin, avec efficacité, avec art et selon un parfait ajustement; travail qui attire l’estime, l’admiration et dont l’œuvre devient poésie… parce qu’elle est belle et qu’elle plaît.
Le mot latin mentis (génitif de mens) signifie esprit, raison, intelligence, cette faculté lumineuse de l’âme qui peut acquérir de nouvelles formes : facilités spéciales, orientations déterminées, inclinations stables, comme sont les vertus de science, de prudence, d’arts, de sagesse…
Mens tire son origine de la racine indo-européenne « MEN » qui indique les mouvements de l’esprit : connaître, penser, désirer, apprendre, avertir, se souvenir; muses, musée, musique, mémoire, monument, invention et, même en anglais, man, men, woman, women. S’apparentent à « MEN » les racines « ME » pour mesure, « MED » pour pensée, « MATH » pour mathématique, apprendre, connaître, « MAN » pour main, instrument de l’esprit, outil à tout faire.
Le mot latin harmonia se traduit en français par harmonie. Il est tiré du grec armonia dont la racine indo-européenne est « AR » et signifie adaptation, ajustement. C’est une des plus grecques des racines. Elle unit, dans une parenté très intime, l’art, les métiers pratiques, le plaisir et la vertu. La vertu perfectionne la raison et la rend excellente.
Développer sa raison spéculative et pratique par les sciences et les arts, c’est grandir vers la perfection humaine et se cultiver. Et imprégner les institutions de la Cité par cette culture acquise, c’est faire œuvre de civilisation. Que le Cégep de Rimouski y ait sa large part.