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L’ARCinfo Le bulletin
d’information de l’Association des retraitées et retraités
du Cégep de
Rimouski
Février 2006, Vol. 11 No 1 www.cegep-rimouski.qc.ca/arrc |
Tout d’abord, nous vous souhaitons une très bonne et très belle année 2006. Et un petit bonheur à chaque jour ! Et bien sûr, la santé !
Une
première dans le prochain numéro : le coin des poètes. C’est une
suggestion intéressante de Guy Rancourt qui nous écrivait : « Je me
propose pour l’animation de cette chronique. Plusieurs d’entre nous sommes
d’anciennes et d’anciens professeurs de littérature… J’ouvre cette chronique à
toutes et à tous… Pour cette première, j’offrirai une réécriture d’un poème
célèbre de Nelligan… J’ai tenté de corriger à ma façon le célèbre poème trop
triste, en lui donnant plus d’allant et de mordant ».
Et
puis, notre thème cette fois-ci, c’est l’implication. Merci à Pierre Parent et
à Ginette Lebel. Et merci également à Irène Durand qui a accepté de nous parler
de son séjour à Rimouski.
Deux
pages de photos nous rappellent notre activité du temps des fêtes. Magnifique
montage réalisé par Jacques Gagné. Toujours aussi professionnel. Merci.
Et
c’est sans parler du fort beau texte racontant Béatrice. Nul doute que vous
ferez de belles découvertes. Que pensez-vous des photos ?
Bonne
lecture !
Robert et Raymond
Une retraitée
se raconte
Une fleur de montagne. –

C’est du moins ce que nous révèlent les
notes biographiques colligées par Sœur Rita d’Astous et publiées en 1989 par
les Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire sous le titre « Des Belles
Amquiennes ».
Béatrice Gaudreau
est née à Amqui d’une famille de douze enfants. Ça prenait une journée complète
pour faire le lavage, disait sa mère. Son père Émile, homme intelligent,
honnête, et volontaire, exerçait le métier de limeur de scies et cultivait sa
terre. Sans qu’il ne dise un mot, les enfants savaient ce qu’il voulait. Sa
mère, Marie-Ange Charest, femme très sensible, patiente et inventive, possédait
des qualités artistiques remarquables.
J « C’est aux
attitudes et aux comportements de mon père que je dois ma philosophie de la vie
et la couleur de ma vision chrétienne. Je lui suis redevable pour une bonne
part de ma compréhension de l’Eucharistie – de la messe comme on disait alors –
comme étant une action de grâces et une véritable célébration. Quant à ma mère,
c’est sa pédagogie qui m’a davantage marquée. C’est en grande partie à la
confiance qu’elle me faisait, que je dois l’image positive que je crois avoir
de moi-même et qui m’a permis d’accueillir l’appel divin. »
J « D’autres
personnes ont contribué à implanter des valeurs évangéliques dans mon jeune
cœur. D’abord les deux voisins, la famille Vaillancourt et la famille Lévesque;
nous allions chercher chez eux et ils venaient chercher chez nous tout ce que
l’on trouve maintenant chez le dépanneur. Nous avons appris à partager
fraternellement. Puis mademoiselle Simone Barr, l’institutrice qui m’a dispensé
l’enseignement pendant cinq ans. Son désintéressement, son zèle et son
dynamisme m’ont fait découvrir dans la tâche d’enseignante beaucoup plus qu’un
travail intéressant : le lieu d’une mission évangélique qui pouvait
motiver toute une vie. »
Cependant, l’événement le plus important,
le plus marquant et celui autour duquel s’est greffé toute une série de faits
significatifs pour la vocation de Béatrice est certainement l’accident, la
maladie et la mort de sa mère. Avant de mourir, la mère de Béatrice lui a
confié précisément le soin de s’occuper des deux dernières. Elle devait, par le
fait même, renoncer à poursuivre ses études. Âgée de treize ans, elle venait de
terminer sa septième année.
J « Le vide fut
grand même si mon nouveau genre de travail occupait toutes mes journées. Il a
provoqué des réflexions de toutes sortes sur le temps, le sens de la vie et de
la mort, mais je ne peux pas dire qu’il m’ait abattue autant qu’on aurait pu
l’imaginer. »
Par un hasard comme il en arrive souvent
dans la vie, une dame venue chez elle pour le recensement scolaire la trouva
bien jeune pour rester à la maison. Elle lui suggéra de poursuivre ses études
dans le sens des goûts et des préoccupations de l’heure de Béatrice à savoir
l’École ménagère. Après plusieurs réunions « du conseil de famille »,
Béatrice entra à l’École ménagère en septembre 1945, à peine âgée de quatorze
ans.
J « Mes
années de pensionnat furent l’élément déclencheur d’un discernement en vue du
choix d’un état de vie. L’exemple des religieuses, la connaissance plus
approfondie de leur style de vie et la correspondance du charisme de
À dix-huit ans, après de brillantes
études tant profanes que spirituelles, Béatrice obtient le Brevet
complémentaire de l’École Normale.
J « Regarde,
Robert, de quoi j’avais l’air lors de ma première obédience, quand je fus
affectée à Desbiens au Lac St-Jean à faire la classe aux élèves de sixième
année. » Et Béatrice de me montrer une photo d’elle « posée en
sœur » (celle que l’on voit au début de ce texte). Que de beauté
irradiante chez cette femme, pensais-je intérieurement. Comme si elle lisait au
fond de ma pensée, Béatrice, que les membres de sa famille surnommaient
gentiment Bibi ou Tibi, me dit tout à son aise, en m’offrant un large
sourire: « tu trouves que c’est du gaspillage, pas vrai Robert ? Mon
beau-frère m’a dit la même chose, un jour. » On le sait, Béatrice possède
cette capacité de démystifier le sacré sans pour autant le banaliser ni lui
manquer de respect.
Ses affectations suivantes, toujours en
enseignement à l’élémentaire, l’amènent à Beaupré, à Cabano, à Val-Brillant, à
Causapscal, à Mont-Joli, pour n’en nommer que quelques-unes. On la fait revenir
ensuite à Rimouski afin qu’elle reprenne ses études en vue d’enseigner à
l’Institut familial. Après avoir obtenu un Brevet supérieur d’enseignement
ménager, elle fait une spécialisation en art culinaire. En 1965, l’université
de Montréal lui décerne un baccalauréat en Pédagogie familiale avec la médaille
du Lieutenant-gouverneur. Cependant, dans la mouvance du Rapport Parent, il
fallait du personnel perfectionné pour que les instituts familiaux se
maintiennent à la hauteur de leur réputation d’enseignement de grande qualité.
C’est le programme de l’Université Cornell, à Ithaca, aux Etats-Unis qui répond
le mieux aux objectifs poursuivis par les autorités. Béatrice s’y inscrit pour
obtenir en un an et demi un « Master
of Sciences » comprenant une majeure en « Human ecology » et une mineure en « Housing and Design » (décoration intérieure). Elle choisit
comme sujet de thèse : « Une Programmation pédagogique sur l’histoire
du meuble québécois ». Pour les moins familiers, une programmation
pédagogique se fait par le morcellement d’une matière de façon à ce que l’élève
découvre dans un énoncé, les éléments nécessaires pour compléter l’énoncé
suivant. L’objectif psychologique que poursuivait la thèse était de mesurer
l’influence de la culture sur la compréhension de l’histoire tout en utilisant
une nouvelle méthode d’enseignement. Il fallait donc faire l’expérimentation
dans une classe du Québec et dans une classe des Etats-Unis. Ce qui fut fait.
C’est pendant sa préparation à l’entrée à
l’université, alors que Béatrice suivait un cours intensif d’anglais, à Washington
D.C., qu’elle eut l’occasion de se rendre à New-York, pour voir le Pape Paul VI
lors de sa visite à l’ONU. C’est du balcon d’un hôpital pour enfants (site
privilégié résultant de contacts particuliers – Ah ! les religieuses !) que le
Pape passa devant elle.
On est en juin 1967, la thèse est
terminée. Pour Béatrice, c’est le retour au Québec … pour apprendre que ce sont
les cégeps qui, dorénavant, prendront la relève des instituts familiaux comme
des autres écoles de même niveau.
J « C’est
ainsi que j’ai dispensé des cours de psycho, principalement en développement de
la personne, au Cégep de Rimouski de septembre 1967 à juin 1994. J’ai eu la
chance de participer à
En fin de carrière au Cégep, Béatrice se
confronte à l’enseignement par compétences. On se souvient peut-être que, lors
d’une journée pédagogique, elle réagit avec une force qu’elle ne déployait pas
souvent en public à ceux qui parlaient « d’enseigner des
compétences » : « La compétence, ça ne s’enseigne pas. La
compétence, ça se construit dans l’individu avec l’apport de son expérience, de
sa personnalité, des connaissances déjà acquises et des matières qu’on lui
enseigne. La compétence, c’est un objectif à poursuivre, pas une matière à
enseigner. »
À l’occasion de sa retraite, ses
collègues profs au Cégep l’ont décrite comme une personne joyeuse (qui n’a pas
entendu ses éclats de rire ?), rigoureuse, créatrice, respectueuse indéfectible
de l’autre. « Béa, conclurent les collègues, on te souhaite la
béatification pour avoir autant aimé enseigner. »
Au début des années ’80, bien consciente
du problème de relève que connaîtrait bientôt sa communauté religieuse,
Béatrice collabore à la mise sur pied d’un Centre d’éducation chrétienne dont
l’objectif est de former des personnes multiplicatrices, non religieuses, pour
assurer la poursuite de la mission d’éducation chrétienne. Entre 1979 et 1982,
Béatrice trouve le tour de faire une maîtrise en éthique à l’UQAR. Après sa
retraite du Cégep, elle donne des cours en psycho-pédagogie aux élèves du
Conservatoire de musique de Rimouski pendant trois ans. En 1985, après un
mandat de six ans comme conseillère générale, elle est nommée Supérieure
Générale pour un autre terme de six ans (c’est comme un job de dégé de cégep,
ça). Pendant cette période, Béatrice dut prendre congé de son cher Cégep.
J « Durant ce
mandat, la décision la plus difficile fut celle de vendre la ferme et le
troupeau laitier, déficitaires depuis un certain nombre d’années. Je me
demandais si je n’étais pas en train de tout défaire ce que mes habiles
devancières avaient mis tant de temps et d’efforts à bâtir. Mais, ce qui était
rassurant, c’est que les raisons qui motivaient la vente étaient les mêmes que
celles qui avaient commandé l’achat. »
Présentement,
Béatrice a la responsabilité de coordonner, pour les 240 religieuses de la maison
mère, les activités de gestion du personnel et d’animation tant spirituelle que
communautaire. Cette fonction ne s’apparenterait-elle pas à celle d’une Mère
Supérieure ?
J
« La vie
communautaire, c’est comblant, mais ce n’est pas toujours facile. Vivre en
groupe comporte beaucoup d’avantages, mais fournit aussi son lot de
difficultés. Par exemple, c’est difficile de vivre la pauvreté quand on vit
dans une communauté où il y a tant de talents et tant de richesse humaine.
C’est riche une communauté! »
Réponses au jeu des questions embêtantes
Ø J’aime beaucoup de
choses, mais pour faire carrière, je ne me voyais pas ailleurs qu’en éducation.
L’enseignement, tel que je le conçois, me construit, me fournit de quoi
exploiter mon potentiel et me permet d’être utile à la société. La vie
religieuse me comble toujours. Bien sûr, j’aurais aimé avoir des enfants à moi!
Mais, choisir, c’est sacrifier!
Ø Faire du ménage à cœur
de jour n’est pas mon fort.
Ø Mot préféré ?
Émerveillement.
Ø Une situation détestée
? Entendre dire : « Y a rien à faire ».
Ø Mets préférés ?
D’abord, j’adore cuisiner. J’aime bien les poissons, les truites que je pêche
moi-même, les crustacés et un bon steak à l’occasion.
Ø Qualité dominante ?
L’enthousiasme.
Ø Ce qui te tient le
plus à cœur ? Que la communauté dont je suis membre accomplisse ce pourquoi
elle existe.
Ø Ce que tu détestes le
plus ? Le manque de franchise et de transparence.
Ø Phrase que tu aimerais
dire quinze minutes avant ta mort ? J’aime tout le monde; la vie est belle pour
qui sait y découvrir un sens et en profiter.
Ø Phrase que tu
souhaites entendre à l’arrivée au Paradis ? Il y a longtemps que je t’attendais
!
Merci Béatrice pour cet accueil sympathique et
chaleureux dans ta grande maison empreinte de calme et de paix.
« Je mets un bouquet sur la table. Je voudrais que le tableau, une fois terminé, un jardinier puisse y reconnaître toutes les variétés de fleurs. Mais je ne sais pas ce qui se passe en route, ça devient une jeune fille qui danse. »
Henri Matisse
(Photo prise par Joseph-Marie Levasseur aux Jardins Reford, Mitis)
Propos recueillis et rédigés par Robert Libersan en collaboration avec
Béatrice Gaudreau.
Par
Charles Brochu
Durant
une visite dans un institut psychiatrique, un visiteur demande au directeur sur
quel critère on se base pour déterminer si un patient doit être interné.
Et
bien, nous emplissons une baignoire d'eau, puis nous offrons une cuillère, une
tasse ou un seau au patient en lui demandant de vider la baignoire.
Ah,
je comprends fit le visiteur, « une personne normale choisira évidemment
le seau parce qu'il est plus gros que la cuillère ou la tasse ! ».
Non,
répondit le directeur. « Une personne normale retirerait le bouchon du
bain; désirez-vous une chambre avec vue? »
Ginette Lebel
Quelle surprise m’a faite Raymond en me demandant de participer
à ce numéro sur l’engagement. Je ne me considérais pas du tout comme une
personne engagée, voyant plutôt mon implication dans le Cercle des Fermières
comme un plaisir. Selon moi, la personne la plus engagée dans le Cercle des
Fermières est Micheline Côté ; même Jacques, son chum, s’implique pour monter
et réparer les métiers, construire des bancs, ou aider au déménagement. Mais
comme Raymond a rétorqué à ces arguments : « c’est à toi
qu’on le demande », je vais donc laisser de côté mon « syndrome
de l’imposteur » pour vous parler de mon implication dans le Cercle des
Fermières.
Toutefois je voudrais d’abord
vous expliquer mes réticences à parler d’engagement de ma part. J’en suis à une
étape de ma vie où je donne priorité à mes besoins et mes goûts. Cela fait
suite à tout un cheminement de ma part. Faisant partie de la première
génération de femmes au travail, j’ai eu beaucoup de difficulté à composer avec
un emploi à plein temps au Cégep et trois enfants à la maison. Je faisais mon
gros possible partout, mais malgré cela j’avais un fort sentiment de
culpabilité envers mes enfants que je confiais à une gardienne, doublé d’un
sentiment d’insatisfaction à mon égard, car je n’arrivais pas à combler toutes
ces tâches de façon parfaite.
Il ne faudrait pas croire que je
n’ai pas eu de plaisir à m’occuper de mes enfants ou à enseigner au cégep, mais
je crois que j’aurais dû davantage établir mes priorités et ne pas m’en faire
même si, par exemple, je ne suis pas une bonne cuisinière. Ce désir de tout
accomplir à la perfection m’a fait oublier mes besoins au point de ne plus savoir
ce que moi j’avais envie de faire. J’attribue d’ailleurs, à tort ou à
raison, mes ennuis de santé à cet oubli de mes besoins personnels. Mon
congé de maladie et ma retraite m’ont permis de me recentrer sur moi, de
redécouvrir mes goûts et besoins, d’accepter mes limites et de mettre en valeur
mes forces.
Pour vous donner une idée de mon état
d’esprit actuel, je vous raconte une anecdote. À la réunion de novembre du
Cercle des Fermières à laquelle j’étais absente, une personne avait écrit au
tableau, cette pensée : S’oublier pour les autres . J’ai
appris avec joie le lendemain qu’une autre membre avait insisté pour qu’on
efface ce message parce que, disait-elle, nous n’étions plus à l’âge de
s’oublier. J’aurais aimé être là pour l’appuyer et l’applaudir. Cet état
d’esprit ne m’empêche cependant pas de toujours donner la priorité à ma
famille.
Mais comme vous pouvez le
constater, je ne considère pas mon implication dans le Cercle des Fermières
comme un engagement, mais comme l’accomplissement d’une partie de moi.
D’ailleurs, en blaguant, une ancienne collègue du cégep, parlait souvent de mon
« côté macramé ». Quel plaisir, en effet, de réaliser un objet et
d’en voir immédiatement le résultat. Quel plaisir aussi de côtoyer une espèce
de femmes en voie de disparition, ces femmes qui recyclaient, et recyclent
encore, le moindre bout de tissu pour en faire des catalognes, des laizes,
etc., (cela rejoint mon petit côté écolo). C’est un nouvel univers qui s’offre
à moi.
J’admire beaucoup ces femmes qui
ont vécu des expériences complètement différentes des miennes, et qui, malgré
le peu de ressources dont elles disposaient, ont su développer leur créativité,
leur savoir-faire et qui continuent, même rendues à 70 ou 80 ans. J’endosse
d’ailleurs parfaitement un des objectifs du Cercle qui est de transmettre à nos
filles les savoir-faire de nos mères.
Pour en revenir à mon cheminement, les deux premières années de
ma retraite, je n’ai pris aucun engagement, refusant toute contrainte. Puis, il
y a trois ans, je me suis réinscrite au Cercle que j’avais déjà fréquenté lors
d’un congé différé. Je me suis tout de suite proposée pour faire le petit
journal, L’Écho du Cercle, qui n’est en fait qu’un feuillet qui
paraît aux deux mois.
Enfin, depuis environ un an, j’ai pris en charge un
métier. Cela implique différentes tâches comme de le « monter »,
c’est-à-dire trouver un patron et déterminer la quantité de fils nécessaire au
montage, trouver des alliées pour m’aider à enrouler le fil sur le rouleau, passer
les fils en « lames » et ensuite en « peus ». Chaque étape
demande beaucoup de précision pour, qu’à la fin, les pièces réalisées soient
les plus parfaites possible. Comme le disaient nos mères et le disent les
Fermières encore aujourd’hui : « Tout ce qui mérite d’être fait,
mérite d’être bien fait ».
Une fois le métier monté, je dois rejoindre les
membres désireuses de tisser sur ce métier pour que chacune, à tour de rôle,
réalise ses chefs-d’œuvre. Comme j’en suis encore à un stade d’apprentissage,
je prends plus que je donne à l’heure actuelle, mais j’espère que dans un
proche avenir je pourrai davantage aider les autres.
Ma réflexion, engendrée par ma
participation à ce numéro de l’ARCinfo consacré à l’engagement, m’a
permis de constater qu’il n’y avait aucune contradiction entre le plaisir et
l’engagement. Maintenant que je suis plus consciente de mes forces, de mes
faiblesses et de mes goûts, je me sens beaucoup plus à l’aise pour m’engager
pour des causes qui me tiennent particulièrement à cœur comme l’environnement
et la condition féminine. J’ai retrouvé mon énergie et je sais mieux à quoi je
veux consacrer cette étape importante de ma vie. Je sens d’ailleurs une urgence
à me réaliser et tant mieux si je peux en faire profiter les gens autour de
moi.
Propos recueillis par
Robert Libersan
Pierre Parent l’avait inconsciemment
préparé, sa retraite.
Alors employé de soutien au
Collège à titre de commissionnaire, il s’implique dès 1984 en tant que bénévole
pour le compte des Cadets de la marine à Rimouski, ses deux enfants ayant
manifesté le désir d’en faire partie. Presque en même temps, il accepte
l’invitation du Conseil d’administration de la succursale, à Rimouski, de faire
partie du Conseil d’administration de l’organisme.
Il est intéressant de savoir que ce corps de cadets fait partie
de
Quand il a pris sa retraite en 1998, Pierre savait
ce qu’il allait faire : s’impliquer davantage au sein des Cadets. Il
devint le directeur de la succursale à Rimouski. À ce titre, outre la gestion
courante, il organise à chaque année, afin de recueillir des fonds, un
lave-auto qui se déroule au Parc des Vétérans. Il agit aussi à titre de
cuisinier - environ 650 repas à préparer - lorsque les Cadets de la marine
tiennent leur déjeuner annuel de financement.
Son mérite a été reconnu;
D’autre part, lors de la prise de sa retraite, ayant encore de
l’énergie à brûler, Pierre s’impliqua également dans
Enfin, l’Assemblée générale des Nations-Unies a décrété l’année
2001 Année internationale des bénévoles. La députée fédérale de
l’époque, Suzanne Tremblay a rendu hommage à Pierre pour son dévouement et sa
contribution sociale. Elle lui remit une plaquette-souvenir prestigieuse au nom
des Nations-Unies.
Il est à noter que Pierre fut le président-fondateur
du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Rimouski alors aucunement
affilié à une centrale syndicale. Il signa en 1968 la première convention
collective de cette catégorie de personnel.
Oui, une retraite active.
Irène Durand
À l’automne 1978, je prenais le train pour la première fois de
ma vie pour passer une entrevue de sélection au département des arts du Cégep
de Rimouski. La petite gare au coeur de la ville et les édifices publics,
poste, évêché, hôtel de ville, cathédrale, musée, me rappelaient mon livre de
géographie de première année. Je voyais une ville en miniature, une ville à
l’échelle humaine.
Engagée pour enseigner l’histoire de l’art et les arts
plastiques, ma vie de montréalaise se termina sur le champ. Je commençais alors
une deuxième vie. J’ai quitté mari et fils pour me consacrer, corps et âme, à
la recherche et à l’enseignement tout en terminant une maîtrise en sociologie.
J’ai eu la chance de découvrir un département dynamique,
d’hommes et de femmes qui pensaient aux élèves avant tout. Nos différends
idéologiques et pédagogiques furent des moteurs d’évolution. Dans la
confrontation du partage des ressources, nous découvrions la vie; nos alliances
et nos oppositions formaient un tissu émotif qui nous habitait en permanence,
tout en laissant suffisamment de place pour l’action en dehors du Cégep. Ainsi,
je pouvais participer au mouvement féministe, ouvrir une librairie, exposer,
faire des conférences, fréquenter les bars, pratiquer des sports, tout en
poursuivant des recherches intellectuelles sur l’art de voir.
C’est en retrait du monde, dans une petite maison au bord de la
mer que j’ai approfondi cet art de voir. Sur la rue du Fleuve j’ai contemplé,
jour après jour, les levers et les couchers de soleil et c’est à regret que je
quitte cet immense Saint-Laurent qui me permettait de porter mon regard au
loin, avec une vision panoramique.
Mes racines et leurs fruits (biologiques et culturels) me
ramènent à Montréal, mais ce passage à Rimouski laissera des traces indestructibles
dans ma mémoire. Avec du recul, ces vingt-sept années m’apparaissent comme un
instantané. Le temps est disparu, il me reste une image globale : un beau
souvenir. Ma troisième vie se poursuivra à Montréal où de nouveaux possibles
m’attendent et j’espère que la maturité me permettra de couler avec plus de
grâce dans le flux de la vie.
Commentaires
de Robert Libersan à la réception du texte de madame Durand
Merci beaucoup pour votre texte.
De vous, j’ai le souvenir
indélébile suivant : à la cafétéria du Cégep, un midi de grande affluence,
vous avez fait une entrée spectaculaire. Dès votre arrivée dans l’allée
centrale, les voix de fond se sont adoucies, des yeux se sont tournés vers
vous, puis des mains applaudirent à votre passage, admirant votre audace à
porter une tête toute frisée avec vos cheveux de couleur verte, je crois. Gênée
certes vous étiez, mais ravie au fond d’avoir suscité un tel émoi.
Ce fut un moment magique comme il n’en arrive jamais
dans une cafétéria !
À mon tour de vous souhaiter une Bonne Année remplie
d’inattendu et d’inespéré.
Par Pauline Guimond
Tel qu’annoncé dans l’ARCinfo de novembre dernier, je commence
aujourd’hui la présentation des 21 recommandations issues du Forum
régional d’octobre 2004. Dans cette chronique-ci, vous pourrez lire les
recommandations s’adressant aux différents gouvernements. Vous pourrez
également prendre connaissance des suites qui ont été données jusqu’à
maintenant à chacune d’elles.
Que les gouvernements accordent
un support financier en modifiant les lois fiscales reconnaissant les
interventions des aidants naturels (bénévoles).
Qui :
gouvernements fédéral et provincial.
Que les dépenses d’inscription à un centre
d’entraînement physique soient reconnues comme dépenses déductibles d’impôt
lorsque considérées comme un suivi à un traitement médical.
Qui :
gouvernements fédéral et provincial.
Les demandes ont été acheminées. Les accusés de réception sont
entrés. À suivre.
Que
Qui :
gouvernement provincial.
La loi 83, sanctionnée depuis novembre 2005, prévoit que toutes
les résidences doivent avoir un certificat de conformité d’ici décembre 2007.
Que le gouvernement
accélère le programme des visites d’évaluation des CHSLD.
Qui :
gouvernement provincial.
Les visites ont été doublées. Les résidences de type familial de
même que les résidences pour ressources intermédiaires seront également
visitées.
Que le gouvernement, lors
d’une demande de
Qui :
gouvernement fédéral
La demande a été acheminée. Aucune réponse pour le moment.
Voilà qui termine cette partie. Dans le prochain
numéro, vous pourrez lire les recommandations qui s’adressent aux
municipalités, aux résidences, aux groupes communautaires et à
Personne ressource : Bertrand Voyer, président de
Documents de référence : (TCABSL)
· Synthèse
des rapports d’ateliers et recommandations
· Échelle
de priorité des recommandations du forum, regroupées selon les instances.
par Jacques
Gagné
Les moteurs de recherche sur le Web sont extrêmement puissants
mais l’interprétation des résultats devient souvent laborieuse, les
informations désirées étant noyées par le « bruit » causé par de
nombreuses pages non pertinentes. Il existe cependant des outils simples qui
permettent de circonscrire les résultats de nos recherches. Voici quelques
astuces qui peuvent nous faciliter la tâche sous Google (www.google.ca) en
utilisant certains opérateurs booléens :
1- Le et
est implicite et permet la recherche de pages contenant tous les mots d’une
liste ; ainsi, si on écrit [Mozart symphonie], on obtiendra une liste des pages
qui contiennent les deux mots Mozart
et symphonie.
2- Le ou (OR, cet opérateur doit être en
majuscules) permet la recherche de pages contenant au moins un des mots de la
liste ; ainsi, si on écrit [Mozart OR symphonie], on obtiendra une liste de
pages qui contiennent soit le mot Mozart,
soit le mot symphonie, soit les
deux.
3- Le sauf ( - ) permet de retrancher, d’une liste, les pages qui
contiennent le ou les mots précédés du signe – (on ne doit pas insérer d’espace
entre ce signe et le mot à retrancher) ; ainsi si on écrit [Mozart symphonie
–parisienne], on obtiendra une liste de pages qui contiennent le mot Mozart et
le mot symphonie mais sans le mot parisienne (symphonie parisienne).
4- Pour obtenir
la liste des pages contenant une expression exacte, il faut placer cette
expression entre guillemets ( ¨ ). Ainsi, si on écrit [¨la bibliothèque
Lisette-Morin¨] on obtiendra la liste des pages où cette expression se
retrouve. Les expressions peuvent être accompagnées de mots et assujetties aux
opérateurs.
Bonne recherche !
Par Alcide Daigneault
Bizarre
«
Référence : Soulmana, Blandine, Caron, Claire.
Un autre roman écrit en français par un nouveau québécois, un
cubain cette fois, arrivé à Montréal avec sa famille lorsqu’il avait 7 ans.
Miguel Martinez a étudié à Montréal et a effectué plusieurs voyages dans son
île natale. Il a constaté les ravages du régime castriste et la misère dans
laquelle vit ce peuple pourtant si paisible. L’auteur a imaginé une intrigue
pour régler le problème à sa source, c’est-à-dire mettre fin aux jours de Fidel
Castro. Le narrateur s’engage dans un engrenage complexe dont le dénouement
marquera un temps nouveau pour Cuba.
Martinez a écrit une œuvre intéressante
qui permet de découvrir ce pays très particulier que plusieurs québécois
visitent chaque années pour profiter de ses beautés. Le roman Fidel doit
mourir constitue une œuvre imaginaire bien écrite et qui mérite qu’on s’y
arrête.
Référence : Martinez, Miguel. Fidel doit mourir.
Édition les Intouchables, Boisbriand, Québec, 2004, 310 pages.
Pour compléter ces notes de lecture, une troisième œuvre écrite
par une autre québécoise Annie Dufour, docteur en épidémiologie, qui vit
maintenant dans l’état de New York a retenu mon attention.
Les Enfants de Doodletown est un roman jeunesse, une intrigue policière, de pure fiction,
sans référence scientifique particulière, mais qui demeure vraisemblable. Le roman
suscite tout au long l’intérêt du lecteur, jeune et moins jeune. Sans longueurs
et complications, l’intrigue va de surprise en surprise. L’auteure raconte bien
dans un langage précis.
Référence : Dufour, Annie. Les Enfants de
Doodletown. Les Éditions de
Trois œuvres publiées au Québec; une première écrite par une
française d’origine qui a émigré récemment au Québec; une deuxième écrite par
un nouveau québécois et une troisième par une québécoise qui vit aux
États-Unis. Bizarre. C’est peut-être là une illustration de la diversité
culturelle du Québec, « là où tout est encore possible », comme
l’écrivait Alexandre Jardin.